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Libérons l'expression

censure.jpgUn employé vient d'être licencié parce qu'il avait osé dire du mal de son employeur sur internet. Question du jour: où cela s'est-il passé? En Chine? Au Zimbabwe? En Russie? Non, non dans notre bon vieux pays, la France.
Et oui, croyez-le ou non, c'est arrivé il y a quelques jours à un salarié de Michelin. Il n'a pas trahi de secret de fabrication, insulté nommément un supérieur ou relayé une quelconque information confidentielle. Non, il s'est seulement plaint de ses conditions de travail en ces termes : « Boulot de bagnard. Et encore, je parle pas des lèches-cul de merde avec qui on bosse. Michelin=exploiteur ».
La démarche est discutable, voire même franchement critiquable bien sûr. Est-ce vraiment intelligent d’insulter comme il l’a fait son employeur sur le net ? N’a-t-il pas d’autres moyens de régler ses comptes avec son patron ?
Mettons nous tout de suite d’accord, ce n’était pas très intelligent de sa part. Mais il n’y avait quand même pas de quoi fouetter un bœuf (cette expression existe-t-elle vraiment ou est-ce que la remise en route du lundi matin me l'a fait inventer de toute pièce?). C'est le genre de conversation que l'on entend au restaurant, dans le train, au zinc, dans les ascenseurs et donc, effectivement, aussi sur internet. Bien sûr que la portée est plus grande que si seulement quelques paires d'oreilles avaient été autour de la table. Mais de là à décider de virer un employé pour "atteinte à l’image de l’entreprise"... une décision déplorable d'ailleurs pour l'image de la marque.
Au-delà de la question purement managériale, cette réaction des ressources humaines de Michelin en dit long sur la difficulté pour les entreprises à gérer le net et la liberté d'expression qu'il donne. Elle est belle et bien finie la belle époque où les marques se contentaient de déverser leurs slogans publicitaires sur un public docile. Aujourd'hui, c'est ce même public qui s'exprime et ne se contente plus d'une communication à sens unique. Les entreprises, aussi grandes et respectables soient-elles, doivent accepter ces nouvelles règles du jeu. Ce serait se leurrer que de penser que l'on peut facilement faire taire ses détracteurs. Il faut maintenant les entendre, mieux encore, les écouter et idéalement échanger. Cela ne signifie pas dire être d'accord, cela veut dire respecter tous les points de vue et plus simplement, communiquer.
Nous sommes maintenant à l'heure du 2.0 et du consomm'acteur, qui peut encore l'ignorer ?


Commentaires

  • "Il n'y a pas de quoi fouetter un chat".

    Attention il ne s'agit pas du 'chat' (prononcer tchatte), discussion instantanée au moyen d'une interface informatique ou téléphonique, et qui, au passage, peut également servir pour dénigrer.
    Dans ce cas, le 'chat' est plus sûre car laissant beaucoup moins de traces. Ce qu'aurait peut être du utiliser notre malheureux internaute...

    Dans l'expression, il s'agit du chat qui fait miaou... celui qui mange des croquettes et bois du lait. Et d'ailleurs dans l'expression fouetter un chat, nous ne sommes même pas sûre qu'il faille utiliser le terme fouetter dans le sens de battre... ce qui finalement n'est pas très grave.

    Avec Bœuf nous avons, entre autres :

    "Mettre la charrue avant les bœufs", c'est peut être ce que les manageurs de Michelin ont fait...

    "Un vent à décorner les bœufs", c'est tout au moins ce qu'a du provoquer cette publication dans le crane du DRH de Michelin,

    Et aussi "les bœufs carottes" qui désigne les membres de la police des polices, parce que, quand vous êtes entre leurs mains ils vous font mitonner comme le fameux plât du même nom...

    Ce qui ne risque pas d'arriver au rédacteur de la diatribe contre Michelin, ce dernier n'étant pas policier. Plus vraisemblablement il sera, hélas pour lui, pris en charge par d'autres services d'Etat...

  • Il faut donc croire que je suis dyslexique des proverbes français alors! Je trouvais aussi étrange la sonorité de l'expression... j'aurai du y réfléchir un peu plus. En même temps, ton commentaire m'a tellement fait rire que cela valait bien un écart de langage ! A demain avec tous les mots à leur place (enfin, j'essaierai!)

  • C'est vraiment étrange cette histoire...
    Est-ce que finalement, il voulait pas le virer avant et qu'ils ont trouvé ça comme prétexte...

  • Je suis assez d'accord avec toi Qyrool, il devait y avoir de sérieux antécédents pour en venir là

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