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31.03.2008

Les agences de RP connaissent-elles le web 2.0 ?

Bon, je vous l’accorde, le titre est un brin offensif mais je me pose effectivement la question. Plus personne ne doute de l’importance qu’ont pris la blogosphère et les réseaux sociaux, on sait que de nouveaux leaders d’opinion -les bloggeurs pour ne pas les nommer- ont émergé ces deux dernières années. Il semblerait pourtant que ce phénomène ait échappé aux agences de Relations Presse & Publiques traditionnelles. C’est franchement étrange mais c’est ce que je viens de constater en menant ma petite enquête sur le web.
La méthodologie est on ne peut plus simple. J’ai consulté les sites des adhérents du Syntec, le Syndicat des Conseils en Relations Publiques, à la recherche de leurs stratégies « nouveaux média ». Le résultat est éloquent : sur les 38 adhérents, ils ne sont que sept a proposé de vrais services RP auprès des bloggeurs et des réseaux sociaux ! Soit moins de 20% des agences ! Sur ces sept agences, trois ont carrément ouvert des filiales dédiées et les quatre autres intègrent pleinement les nouveaux média dans leurs services. Sur les autres sites des agences, c’est black-out total ou alors tout juste mentionné (histoire de dire). Le web 2.0 pourrait aussi bien ne pas exister, ce serait kif-kif.
En parallèle de mes recherches, je tombe sur les résultats d’une étude made in USA : 56% des managers RP considèrent qu’il ne faut pas traiter les bloggeurs comme des journalistes. Là-dessus, je suis assez d’accord pour dire que l’on ne peut pas avoir la même démarche avec journaliste qui écrit des articles pour son employeur et un bloggeur qui met des articles en ligne pour faire partager sa vie personnelle et ses passions. Mais ce qui est sûr également, c’est que l’on ne peut pas/plus ignorer ces bloggeurs, devenus de forts leaders d’opinion. Je pense aussi que cela entre pleinement dans le domaine de compétences des agences puisque leur travail est bien de travailler en contact avec les « influenceurs » de tout horizon.
Revenons en donc à nos agences de RP. Comment expliquer qu’elles s’intéressent si peu aux nouveaux média ? Je n’ai toujours pas trouvé de réponse mais je lance plusieurs pistes :
- elles ne se sentent pas concernées par les nouveaux média et préfèrent s’en tenir à la plus « noble » presse traditionnelle
- elles veulent rester spécialisées sur la presse traditionnelle, considérant comme on vient de le dire plus haut que les bloggeurs sont un public différent, à aborder autrement,
- elles attendent de voir ce qui va se passer sur le web 2.0 avant de se lancer pour affiner leurs stratégies
Quoiqu’il en soit, des petits malins profitent de cette situation et tirent leur épingle du jeu. Ce sont des agences entièrement dédiées au buzz et qui s’intéressent uniquement aux relais d’opinion sur les nouveaux média. Parmi elles, citons Buzzman (dont je parlais ici pour leur campagne Zaoza) ou encore Passage Pieton. Il y a fort à parier que d’ici quelques temps, les enchères vont monter et que ces jeunes structures vont trouver acheteurs auprès des agences traditionnelles.
Affaire à suivre donc…

30.03.2008

Regardez dans votre assiette

L'info "légère" du dimanche, c'est ici.
Ca se passe chez nos amis britons. La chaîne de supermarchés online My Super Market a eu la riche idée de proposer sur son site un "healthy checker". Le but ? Permettre à l'acheteur de trouver un autre produit équivalent à celui qu'il aurait acheté (i.e. une pizza) pour faire des économies en calories, en sel et en matières grasses.
Ce n'est pas que l'idée soit mauvaise. Je trouve juste dommage que l'on ait besoin de tels outils pour bien manger.

28.03.2008

Yves Rocher, une vraie marque 2.0

Allez, j’avoue, je n’aurais pas parié sur Yves Rocher comme l'entreprise incarnant le mieux le web 2.0. Je dois pourtant reconnaitre que j’avais tort. C’est cet article du Journal du Net qui m’a mis la puce à l’oreille ce matin. La marque vient de lancer une campagne de marketing mobile pour une nouvelle gamme de maquillage. On le sait, le marketing mobile n’en est encore qu’à ses balbutiements et il faut des annonceurs comme Yves Rocher pour se poser en précurseurs et essuyer les plâtres. La bonne nouvelle, c’est que cette campagne a remporté un réel succès. Les SMS, les MMS et les messages Wap qui proposaient des promotions ont engendré un taux de transformation encourageant. « "Nous sommes très satisfaits des résultats de cette opération qui prouve l'efficacité du SMS comme soutien du chiffre d'affaires » affirme l’un des responsables Yves Rocher.
Suite à la lecture de cet article, j’ai voulu en savoir un plus sur cette marque et sa présence sur le web. Et là encore, j’ai été étonnée des résultats. J’ai ainsi découvert la boutique 3D. Là il n’est pas question d’acheter mais plutôt de se plonger dans l’univers et dans l’ambiance de la marque, de mieux connaître les produits et les services Yves Rocher, le tout guidée par une conseillère virtuelle.
Mieux encore, j’ai appris que, sous l’impulsion de ses employés, la marque avait sa propre communauté online. Cette plate-forme participative, Les Végétaliseurs, est centrée sur "le respect et la défense de la nature et du monde végétal". Pour terminer, je suis allée faire un tour sur le site « classique », un site marchand bien présenté et sur lequel il est agréable de naviguer.
Cela a donc été une bonne surprise pour moi de découvrir Yves Rocher sous son aspect 2.0. J’imagine que cela va dans le sens de la communication rajeunie de la marque et c’est vrai qu’en quelques années, Yves Rocher a réussi le pari de passer d’une marque « mémère » à une marque tendance, surfant sur les valeurs écolos du moment. En y ajoutant les outils 2.0, Yves Rocher a tout compris.

27.03.2008

Le mot de la semaine : la pervasiveness

Cette semaine, j’ai donc choisi de parler de la « pervasiveness ». Si l’on cherche une traduction simple et littérale, on pourrait dire omniprésence, voire même envahissement. Mais si l’on utilise ce terme pour parler de phénomène dans les nouveaux média, il prend un autre sens, difficilement traduisible en français mais correspondrait à l’idée de s’intégrer pleinement dans le paysage net.
Si j’en crois la très bonne définition donnée ici, il s’agit non seulement d’affirmer votre marque, mais aussi et surtout d’optimiser votre référencement auprès du roi des moteurs de recherche, en étant tout simplement partout. En vous fondant dans le paysage du web.
Prenez LinkedIn : combien de personnes incluent un lien depuis leur signature de mail vers leur profil LinkedIn ? Combien de blogueurs utilisent le petit logo LinkedIn pour leur éviter d’avoir à se présenter alors qu’une base de données déclarative, collaborative et factuelle de données existe déjà? Chacun de ces gestes augmente le référencement naturel de votre profil LinkedIn, qui progresse dans l’échelle des résultats de recherche. LinkedIn is pervasive.

26.03.2008

La littérature 2.0, à tester absolument

Vous aimez lire, vous ? Parce que moi, oui. Et pas seulement des articles sur le web. J’aime aussi les livres, en vrai. Et grâce à Sandrine Plasseraud, je viens de découvrir une nouvelle forme de littérature… la littérature 2.0 en quelque sorte.
Il s’agit d’une initiative anglaise destinée à faire découvrir de jeunes auteurs via le web. Le site s’appelle « We tell stories». L’expérience ne se résume pas à mettre en ligne des textes. Non. C’est beaucoup mieux que cela. Les histoires ne sont pas seulement racontées, elles sont aussi rendues vivantes grâce à tous les outils dont regorge le web. Par exemple, la semaine dernière vous suiviez l’histoire en vous baladant sur Google Maps, au fur et à mesure des rebondissements de la nouvelles. Mieux encore, cette semaine, un auteur nous raconte les aventures d’une ado américaine expatriée en Grande-Bretagne et ce n’est plus à travers les textes mais les blogs, les twitters et les photos d’elle et de ses parents que l’on suit l’histoire. Insolite, vraiment et passionnant. Interactif aussi, c’est bien la première fois que les lecteurs peuvent communiquer par mail avec les personnages.
L’initiative « We tell stories » est le fruit de l’imagination d’une start-up « Six to Start » qui créée des « ARG », « Alternate Reality Games ». Ils présentent ainsi leur activité : « Les ARG utililisent tous les média (web ,emails, messagerie instantanée, mobiles, radio, journaux, télé et événements live) pour raconter une même histoire à des centaines de milliers de personnes, qui peuvent suivre et influencer le jeu en temps réel ». Puisque je vous dis qu’on ne parle plus que de 360° !
Je ne peux que vous encourager à découvrir ce site. Bien sûr, la littérature 2.0 ne remplacera jamais le plaisir d’un vrai livre, avec l’odeur et le toucher des pages mais je pense qu’elles peuvent être complémentaires. Peut-être des auteurs se feront-ils découvrir sur le net avant de se lancer dans le papier ? Les maisons d’éditions traditionnelles trouveraient sûrement leur intérêt à lancer et à promouvoir de tels projets, non ?

25.03.2008

Zaoza, Grand prix Stratégies du Marketing des jeunes

Zaoza, la plateforme de services de contenus digitaux pour mobiles lancé par Vivendi à la fin de l’année 2007, vient de recevoir le Prix Stratégies du Marketing des Jeunes pour sa campagne de pré-lancement. Loin des grands renforts d’annonces mass-média comme à l’époque de feu Vizzavi, Zaoza a opté pour une campagne ciblée sur les jeunes de 15-25 ans avec un objectif : recruter 100 000 abonnés VIP en leur faisant découvrir progressivement et gratuitement le service et ses bénéfices.
Le résultat est une opération de communication globale signée par l’agence Buzzman. En jouant sur un ton décalé et burlesque, des vidéos ont circulé sur le web, mettant en scène Zaoza le magicien. La campagne est une vraie campagne 360° : un site, un skyblog, un myspace, des vidéos sur YouTube et Dailymotion, des films sur MMS, de l’affichage dans le métro, des bannières vidéo sur des portails etc.
Au final, la campagne de marketing viral n’a pas séduit seulement les professionnels qui l’ont plébiscitée mais aussi les jeunes avec 150 000 inscrits et près de 800 000 téléchargements enregistrés.

24.03.2008

Le Pillow Fight Day

L'info fraîche du lundi de Pâques, c'est ici. Le Pillow Fight Day a eu lieu samedi dans plusieurs grandes capitales du monde, dont Paris. Après l'opération Freeze Mob dont je vous avais parlé ici, le buzz sur internet a permis de rassembler plusieurs dizaines (centaines?) de personnes pour une bataille d'oreillers géante. Ca se passe de commentaire, la vidéo est là:

Allez, je retourne à mes chocolats. Joyeuses Pâques!

 

20.03.2008

Le mot de la semaine : le mentoring

2076530906.2.jpgNon, les communicants n’ont pas le monopole des jolis mots qui en jettent et qui sonnent anglo-saxon-hype-et-trendy. Et il y a aussi les hommes et les femmes des Ressources Humaines. Je leur dédie donc cette leçon de mot hebdomadaire.
Le mentoring donc. Evidemment, on imagine que ce terme trouve sa source dans la mythologie grecque. Si j’en crois la définition donnée ici, il s’agit d’une pratique de mise en relation entre deux personnes de compétences différentes destinée à former, soutenir et promouvoir les rapports dans le travail. Il s’agit donc d’une relation soutenue d’apprentissage entre un individu qui offre appui, encouragement et partage son expérience, ses compétences et sagesse avec un autre individu prêt a bénéficier de cet échange pour enrichir son cheminement personnel.
Venue des Etats-Unis, le mentoring devient un instrument formalisé pour soutenir les carrières, en donnant notamment aux « mentees » la possibilité de construire un réseau de contacts en recevant le parrainage d’un ou plusieurs « mentor(s) ». Cette relation repose sur deux principes fondamentaux : le partage d’expérience et la relation de confiance. Certaines entreprises utilisent le mentoring pour que les jeunes arrivants soient chaperonnés et coachés par des anciens. On l’utilise aussi en politique. En Suisse, c'est même devenu un programme fédéral pour l’égalité des chances, notamment hommes/femmes.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je trouve que le mentoring, c’est encore mieux lorsque c’est spontané, que ça se passe naturellement, sans que l’on ait besoin de mettre un joli mot dessus. Juste parce que deux personnes, avec deux profils différents, s’entendent assez bien pour vouloir s’entraider et s’encourager mutuellement.
Allez, l'occasion est trop belle pour ne pas saluer Brigitte, une ancienne super-boss, qui est en quelque sort mon mentor. Pas parce que quelqu'un l'a décidé pour nous, mais parce que ça s'est fait comme cela. Cette grande dame (parce que c'en est une) m'a toujours suivi dans mon parcours professionnel, encouragé, guidé, conseillé, boosté... tout ça a la fois et plus encore. Elle a une vraie intelligence humaine, une qualité naturelle qui fait qu'elle a pris sous son aile quelques oies du marketing et de la communication à qui elle fait partager son expérience. Et j'ai la grande chance de faire partie de ces oies.  Merci Brigitte !

19.03.2008

Les contenus, avenir de la relation client

Lue aujourd’hui dans le Journal du Net, une interview de Frédéric Goubet, DG de Wunderman, une agence de marketing services. Ce que j’ai retenu :
- les agences repensent et revoient leur organisation pour s’adapter au mieux aux nouveaux média. Désormais, les annonceurs attendent de leur agence qu’elle gère aussi bien leur relation-client online que offline.
- les nouveaux média ne se résument plus au seul internet. Derrière cette expression se cache aussi les widgets, le mobile, les réseaux sociaux, etc. Autant de nouveaux outils que les annonceurs veulent s’apprivoiser. Finis les bannières et liens sponsorisés, les campagnes online deviennent plus complexes mais aussi plus passionnantes.
- la relation-client sur les nouveaux média a évolué en 3 phases. La première, les entreprises avaient leur site institutionnel et quelques sites événementiels en parallèle. Deuxième vague, c’était celle –encore d’actualité- des programmes relationnels online et l’entretien d’une relation dans le temps avec les consommateurs. Enfin, troisième génération qui est en train de voir le jour : la création de services digitaux en créant des portails de services par typologie de cible pour que les consommateurs deviennent prescripteurs et même leaders d’opinion.
Aux Etats-Unis, Procter & Gamble a déjà adopté et lancé une plate-forme communautaire dédiée aux ados, qui rassemble 250.000 jeunes. Résultat, dans les zones de chalandises où les membres de la communauté sont présents, le chiffre d’affaire aurait augmenté de 10 à 15%.
A vos contenus alors !

 

18.03.2008

Les RP, plus professionnelles et plébiscitées par les marques

Les Relations Presse et Publiques font leur grand retour dans le budget communication des annonceurs. Ce n’est pas moi (seulement) qui le dit, mais le bloggeur Eric Maillard qui anime PRLand, et qui a relayé un papier paru en novembre dans les Echos. En chiffres, la tendance RP se traduit ainsi :
- 14% par an de progression des RP contre 2% pour la pub selon le Syntec RP, association professionnelle des agences
- Près de 70% des directions marketing et communication affirment avoir augmenté leur budget RP en 2007
- 78% de ces mêmes décideurs considèrent les Relations Presse comme un élément essentiel selon une étude réalisée en juillet 2007 par le cabinet d'analyse Brainjuicer.
Comment expliquer ce retour en grâce des RP ? Tout d’abord, le métier s’est considérablement professionnalisé pendant la dernière décennie. La potiche souriante qui offrait des petits-fours aux journalistes n’a plus cours, heureusement ! Finies donc les strass et paillettes, les RP sont passées dans l’ère professionnelle. Pour preuve de cette quête de crédibilité, le Syntec RP vient d’annoncer la création d’un outil de mesure de l’efficacité des campagnes dans « une volonté forte de valorisation de toute la profession ».
Cela s’inscrit aussi dans le courant du consommateur acteur, dont j’avais parlé ici. Le public ne se contente plus des messages publicitaires, il est à la recherche d’informations et de gages de qualité. Les Relations Presse ne se résument ainsi plus à l’envoi massif de communiqués de presse. L’attaché de presse a un rôle de conseiller auprès du journaliste, lui apporte un savoir sur un produit, des tendances et un marché. Il ne s’agit plus de proposer à tous la même information mais au contraire, de réfléchir à des angles différents suivant les média, voire même le support, ciblé(s). Cette personnalisation du message permet de renforcer les liens entre la marque et un journaliste, et par conséquent, entre la marque et une partie de son public.
Personnellement, j'ai commencé mon parcours professionnel dans une excellente agence, où l'on m'a appris à être pro et à aborder intelligemment les journalistes, avec de vrais infos. Je sais quelle chance j'ai eu d'être formée ainsi.
Autre point important à souligner, les RP sont un outil extrêmement peu coûteux et qui peuvent offrir une visibilité maximum. Dans cette période économiquement morose, cet aspect budgétaire séduit les annonceurs.
Evidemment, le métier des RP a été bouleversé par Internet et l’apparition de nouveaux leaders d’opinion, comme les bloggeurs et les adeptes de forums. Mais ça, c’est une autre histoire, sur laquelle il y a beaucoup à dire, et que je traiterai dans un autre billet.

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